Mostafa Nissabouri

Il a établi tout au long de son périple

Au gré des fusions et des ruptures

Au gré des luminosités et de l’éphémère

Au gré du caché et du manifeste

Chacune de ses étapes comme instance

Où s’achève l’exil et commence l’éveil

Un sanctuaire avec merlons d’angle

Croise son chemin en dispositif nomade

Il lui arrive de le couvrir d’un nuage

Mais pas l’horizon ni la destination première

Ni son rappel aérien dans l’ourlet des paraboles

— tant le lieu comble d’immédiateté de soi

d’espace sacramentel de songes visités

il convertit l’errance en quête de lumière

et le ciel y est subitement inversé

pour une verticalité bien ostensible

dans l’orbite décalée de l’univers

il s’offre au milieu des silences solennels

dans ce bleu où s’estompe l’idée d’appartenance

où l’ombre se résume à des touches bohémiennes

il a des murs crénelés et texture pétrie

dans la matière purifiante de la terre

humectée au quotidien de la rosée céleste

le peintre s’y souvient d’étoiles ascendantes

régies en altitude de sceaux talismaniques

d’autres codes s’exécutent en écriture stellaire

pour d’autres floraisons aux images flottantes

en essence comme en éclosion médiatrices

d’esquisses inspirées pour dessiner le monde